La bière du Québec est souvent brassée avec des ingrédients québécois et suivant les recettes des traditions brassicoles française, belge et britannique. Elle se distingue de la bière brassée dans les autres régions de l'Amérique du Nord notamment par la place qu'y occupent les bières de fermentation haute en général et particulièrement celles de type belge.

 

La bière québécoise possède une histoire qui remonte à la colonisation française du continent américain. C'est cependant depuis la fin des années 1980 qu'une véritable industrie de la bière artisanale se développe un peu partout dans les régions du Québec.

Dès le commencement de la colonisation française, les habitants concoctent une boisson qui sera caractéristique du pays pendant longtemps : la bière d'épinette. Bien qu'aujourd'hui la bière d'épinette désigne plutôt une boisson gazeuse sucrée et non-alcoolisée, historiquement il s'agit bel et bien d'une bière dans laquelle l'épinette et parfois d'autres « épices » et racines remplaçaient le houblon.

D'après l'historien Benjamin Sulte, les premiers colons québécois étaient originaires des régions de France où l'on produisait plus le cidre et la bière que le vin. Ils y auraient amené entre autres le « bouillon », boisson alcoolisée consommée en Picardie et en Haute­Normandie. Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, se fait interroger au sujet de la colonie lors d'un voyage en France. Il affirme essentiellement que « le vin est servi dans les familles bien nanties, la bière est laissée aux moins fortunés, alors que d'autres se contentent d'une boisson appelée le bouillon. Les plus pauvres d'entre tous boivent uniquement de l'eau qui s'avère d'excellente qualité. »

Dès 1620, les Récollets brassent une bière au couvent de Notre-Dame-des-Anges.

En 1627, Louis Hébert brasse à son tour grâce à son matériel d'apothicaire. Les Relations des Jésuites de 1646 mentionnent que le frère Ambroise préparait de la bière pour les habitants à Sillery.

En 1642 Louis Prud’homme devient le premier brasseur professionnel. Un contrat de mariage daté du 22 octobre 1650 mentionne l'existence d'une brasserie à Montréal. En effet, Monsieur de Maisonneuve offre aux nouveaux mariés « une terre contiguë à la propriété de la brasserie ».

En 1690, le sieur de Longueuil établit une brasserie sur ses terres. Elle est en ruine en 1735.

De 1704 à 1744, les frères Charron, fondateurs de l'Hôpital général de Montréal, ajoutent une brasserie à leur établissement. Dans tous les cas, la distribution reste localisée.

C'est l'intendant Jean Talon, arrivé dans la colonie en 1665, qui tente la première entreprise brassicole à vocation commerciale de l'histoire du Québec. En 1668, il fonde une brasserie dans la ville de Québec. Celle-ci produit alors des bières à partir de ressources locales : l'eau (disponible en abondance), le grain (surtout de l'orge mais aussi du blé et, dans une moindre mesure, du seigle) et bien sûr du houblon, que l'on plante dans de vastes champs appartenant à Talon mais aussi dans de petits jardins de Québec. L'intendant est optimiste : dans sa correspondance avec le roi de France, il prétend que sa brasserie produira éventuellement jusqu'à 4 000 barriques de bière par année, et que l'on pourra exporter la moitié de la production aux Antilles, voire en Europe. Dans les faits, la production s'avère cependant éphémère : la brasserie ferme ses portes après à peine dix années d'existence. Des brasseurs professionnels ouvrent des établissements à Québec, Trois-Rivières et Montréal tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles, mais la production demeure modeste. La concurrence des vins et eaux-de-vie importés d'Europe expliquerait le faible engouement des Canadiens pour la bière locale. Il faudra attendre le Régime anglais pour voir la production véritablement démarrer à grande échelle .


Industrialisation

C'est sous le régime britannique que les premiers brasseurs industriels font leur apparition. En 1785, John Molson, un Anglais immigré au Québec en 1782 à l'âge de 18 ans, reprend la brasserie de Thomas Loid qui est en production au Pied-du-Courant depuis trois ans. La production de Molson débute en 1786. Cette institution montréalaise, qui existe toujours, est vieille de plus de 200 ans.

L'implantation de la brasserie Carling-O'Keefe à Montréal est le résultat de la fusion d'une vingtaine de brasseries québécoises dont les plus connues étaient les brasseries Dawes et Dow. Molson et O'Keefe fusionnent en 1989.

 

La Brasserie Labatt, dont le siège social se trouve à London en Ontario, s'installe à LaSalle, en 1952. Les bières Labatt étaient cependant disponibles à Montréal dès 1878, via une agence de distribution.

En 1995, Labatt est racheté par Interbrew (aujourd'hui InBev). Molson fusionne avec Coors en 2005.

Renaissance

Des années 1960 aux années 1980, l'industrie brassicole du Québec n'était donc composée que de deux brasseurs, Molson et Labatt, qui ensemble monopolisaient le marché autant au Québec que dans tout le Canada.

C'est en 1982 que La Brasserie Massawippi de North Hatley élabore la première bière artisanale à vocation commerciale. La Massawippi, une ale à 5 % d'alcool, brassée selon la loi de la pureté allemande de 1516 .

C'est à partir du milieu des années 1980 que la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec commence à délivrer un nouveau type de permis autorisant un établissement à brasser de la bière de façon artisanale. Ce permis limitait la vente de la bière fabriquée aux lieux de sa fabrication.

Le 1er juillet 1986, la Brasserie le Lion D'Or sert sa première pinte au Pub du même nom à Lennoxville .

En 1986, Le Cheval Blanc sur la rue Ontario à Montréal obtient un permis de brasseur artisan. Les quatre années suivantes virent l'apparition de microbrasseurs comme GMT, McAuslan, les Brasseurs du Nord, Brasseurs de l'Anse, Schoune et Seigneuriale. En 1990, André Dion et Serge Racine fondent Unibroue en rachetant 75 % des parts de La Brasserie Massawippi.

Dès 1991, la compagnie fait connaître sa première bière, la Blanche de Chambly. Depuis, d'autres brasseries et microbrasseries ont pris leur essor.

Depuis 1994, l'événement international Le Mondial de la bière se déroule chaque été à la Gare Windsor de Montréal, et à la Place Bonaventure depuis 2011. En mars 2008, le Québec comptait 59 brasseurs produisant quelque 402 bières .

En 2010, les deux brasseries ayant longtemps dominé le marché de l'alcool au Québec, Molson et Labatt, ont affirmé leur intention de faire reculer l'importance qu'ont acquis le vin et les bières microbrassées ou importées. Entre 2000 et 2009, le marché des bières domestique a augmenté de 2,3 %, contre 4 % pour les bières d'importation.

 

Quelques brasseries canadiennes

 

Brasserie Dieu du Ciel

 

L’histoire commence en 1991, alors que Jean-François Gravel en est à ses premières expérimentations de brasseur-maison. Il devient vite passionné par cette pratique, qu’il développe jusqu’à vouloir en faire une carrière.

Étant étudiant en biologie, il rencontre Stéphane Ostiguy, alors finissant à la Maîtrise en microbiologie appliquée, lors d’un stage de recherche à l’Institut Armand-Frappier. Avec une troisième partenaire, qui a aujourd’hui quitté l’organisation, ils forment une équipe entrepreneuriale afin d’ouvrir un brouepub : Dieu du Ciel!

Après de longues recherches, le local du 29 Laurier Ouest est finalement identifié. Durant 11 mois, les partenaires travaillent d’arrache-pied afin de préparer la brasserie pour son ouverture. Les murs sont détruits, une partie du plancher est démoli et le sous-sol est creusé à la pelle pour y installer la brasserie.

Le 11 septembre 1998, Dieu du Ciel ouvre enfin ses portes, avec plus de 300 personnes au rendez-vous.

L’histoire se poursuit au début des années 2000, alors que la brasserie artisanale roule à plein régime et que la réputation de ses bières ne cesse d’augmenter. La demande pour ses produits dépasse alors grandement la capacité de production de 800 hectolitres annuellement de Montréal. Dieu du Ciel ! décide donc de démarrer une deuxième brasserie pour embouteiller ses bières. C’est dans ce contexte que Luc Boivin – un électromécanicien d’expérience et un brasseur maison hors pair – et Isabelle Charbonneau – une femme d’expérience en vente, gestion et marketing – se joignent à l’équipe pour former la nouvelle compagnie, Microbrasserie Dieu du Ciel Inc., où seront embouteillées les bières Dieu du Ciel !

Aujourd’hui, Dieu du Ciel ! est plus que jamais implanté dans sa communauté. La demande pour ses produits est en constante croissance, autant au Québec qu’à l’étranger. En 2015, Microbrasserie Dieu du Ciel ! fait passer sa production de 9000 à 13000 hectolitres annuellement, afin de répondre à cette demande toujours grandissante.

 

Brasserie Le Naufrageur

 

 

Brasserie les 3 Mousquetaires

credit : Microbrasserie les 3 Mousquetaires

La microbrasserie Les Trois Mousquetaires a été fondée en juin 2004 suite au rachat d’Express-Broue, une petite brasserie qui était située à Saint-Eustache.

Les Trois nouveaux propriétaires étaient d’anciens collègues chez Imperial Tobacco qui partageaient l’ambition de devenir entrepreneurs suite à la fermeture de l’usine. Puisqu’ils étaient tous domiciliés sur la rive-sud de Montréal, l’entreprise a déménagée ses opérations dans la ville de Brossard.

La nouvelle microbrasserie propose à ses débuts une bière blonde (D’Artagnan) et une bière rousse (Aramis) qui ont la particularité d’être brassées avec une levure lager, ce qui est peu commun sur la scène brassicole québécoise.

En 2006, suivant l’intérêt grandissant de la clientèle pour les bières de dégustation, la microbrasserie Les Trois Mousquetaires commence à offrir des bières haut de gamme aux saveurs plus complexes en explorant principalement des styles provenant d’Allemagne, alors peu représentés sur le marché.

En 2008, Les Trois Mousquetaires qui proposent maintenant une quinzaine de bières différentes, met son image de marque au goût du jour en arborant un style plus épuré et prestigieux. Les bières sont désormais offertes en trois gammes différentes, soit Régulière, Série Signature et Grande Cuvée et sont nommées selon leur couleur ou leur style.

À la même époque, l’entreprise développe de plus en plus sa philosophie d’utiliser des matières premières du Québec. Travaillant de près avec les malteries Frontenac à Thetford Mines et Maltbroue à Témiscouata-sur-le-Lac. Les Trois Mousquetaires entreprend de convertir petit à petit ses recettes avec des malts du Québec.

Au mois de mai 2011, l’entreprise déménage de quelques centaines de mètres sur le boulevard Matte à Brossard dans un local trois fois plus grand afin de poursuivre la croissance de l’entreprise.

Suite au déménagement, la microbrasserie Les Trois Mousquetaires rayonne dans plus de 500 points de vente à travers la province de Québec et commence à exporter en Ontario, dans l’Ouest Canadien, aux États-Unis et en Australie.

À l’été 2012, Les Trois Mousquetaires procède à une nouvelle refonte de son image de marque afin d’afficher la mention «Brassées avec des Malts du Québec» et innove en proposant l’étiquette arrière la plus détaillée en information sur le marché.

En 2014, la microbrasserie souligne son 10e anniversaire et poursuit sa croissance au Québec, au Canada, aux États-Unis, en Europe et au Brésil.

 

Doppelbock 8,5 %

La Doppelbock servait de pain liquide aux moines bavarois pendant le Carême.

Sa robe est brune avec des reflets bordeaux.

Au nez : arômes de caramel cuit et de fruits (prune)

En bouche : Goût de chocolat bien présent, notes de caramel

et de pruneaux.

Température de service 8 – 10°

Idéale avec des viandes rôties ou braisées.

 

 

 

Brasserie Trou du Diable

 

Brasserie McAuslan

Établie en janvier 1989 au 4850, rue Saint-Ambroise dans le quartier Saint-Henri à Montréal, la Brasserie McAuslan est devenue très vite la plus grande microbrasserie au Québec.

La Brasserie a lancé sa première bière en février 1989. La bière blonde St-Ambroise a obtenu un vif succès. Elle s’est immédiatement distinguée par son caractère houblonné et ses reflets d’ambre vermeil, et a gagné la faveur des amateurs. Peu de temps après, la Brasserie McAuslan devenait la première microbrasserie à offrir sa bière en bouteilles.

La Brasserie n’a cessé de prendre de l’expansion en termes de capacité de brassage et de se tailler une part de marché toujours plus grande. Depuis le lancement de la bière blonde St-Ambroise, il y a dix ans, la Brasserie a introduit quatre nouvelles bières : la bière noire à l’avoine St-Ambroise, en décembre 1991; ses deux marques Griffon, l’extra blonde et la rousse, en avril 1992; enfin , la bière blonde de luxe Frontenac, introduite à l’essai à Québec en novembre 1995 et lancée officiellement sur tout le marché québécois, en avril 1996.

En juin 1997, McAuslan a introduit sur le marché sa gamme de bières saisonnières, une saison à la fois, en commençant par la bière d’été, aux framboises. Les quatre bières saisonnières ne sont brassées que durant leur saison respective : la bière de blé à l’abricot, au printemps; la bière aux framboises, en été; la bière à la citrouille épicée, en automne; et la bière forte, en hiver.

 

 

Brasserie Molson

Molson, fondée en 1786 à Montréal, est la plus vieille brasserie canadienne. Elle est aujourd'hui membre de Molson Coors Brewing Company.

John Molson fonde la plus ancienne brasserie du Canada en 1786, à Montréal, sur les rives du fleuve Saint-Laurent. La même année, il écrivait dans une lettre « Ma bière connaît une notoriété qui dépasse mes attentes les plus optimistes ». Nous sommes d’accord. La marque Molson Canadian fut brassée pour la première fois en 1959 et est aujourd’hui une icône canadienne et l’une des bières les plus vendues au Canada.

Frederick J. Miller a commencé à apprendre l’art du brassage à l’adolescence et, en 1849, il était maître brasseur pour un prince à Sigmaringen, dans la province de Hohenzollern. Il a immigré aux États-Unis en 1854 et s’est installé à Milwaukee, où il a loué et plus tard acheté la brasserie Plank Road pour 2 300 $. Il a rapporté d’Allemagne une levure unique, dont un dérivé est encore utilisé dans certaines de nos recettes.

Adolph Coors, un ancien apprenti de brasserie pauvre comme Job, est tombé un jour sur une source offrant la meilleure eau qui soit pour brasser de la bière, à Clear Creek, au pied des Rocheuses du Colorado. 105 ans plus tard, Coors Light était née et se préparait à ravir les consommateurs de bière de plus de 25 pays à travers le monde.