La République Tchèque....un pays de bière

S’il est un produit qui identifie la Bohême, c’est bien la bière. Le moindre village possède sa taverne (pivnice) et la plupart des villes brassent leur propre bière. La plupart de ses marques ont aujourd’hui été rachetées par de grands groupes brassicoles, mais elles continuent de ne se vendre que dans leur zone de production: vous ne trouverez la Starobrno que rarement en dehors de Brno par exemple. Il existe toutefois quelques bières nationales (Staropramen, Krusovice, Gambrinus, Kozel) voire internationales (Urquell, Budvar).

 

En Bohême, on surnomme la bière, le « pain liquide ». L’importance de la bière dans la culture tchèque est résumée dans cette phrase. Aucun repas ne se prend sans bière et d’ailleurs la cuisine tchèque semble conçue pour être consommée avec de la bière. Il faut dire que les bières de Bohême et de Moravie sont considérées par les connaisseurs parmi les meilleures du monde.

 

La bière en République tchèque (en tchèque : pivo) a une longue et complexe histoire. La première brasserie connue dans la région remonte à 1118.

La ville de Brno s’était vue reconnue des droits de brassage dès le XIIe siècle, tandis que les deux villes traditionnellement associées avec la bière tchèque à savoir Plzen (Pilsen) et Ceské Budejovice (Budweis), ont une brasserie depuis le XIIIe siècle.

 

Le houblon est également cultivé dans la région depuis fort longtemps et était utilisé aussi bien localement qu’exporté et ce depuis le XIIe siècle.

 

 Houblon SAAZ

Houblon aromatique typique de Tchéquie. Est le roi indiscuté du houblon à pils. Il est le seul houblon utilisé dans la pils authentique mondiale: Pilsner Urquell.

Possède un goût et un arôme doux, légèrement épicé et subtile. Ce houblon donne une amertume pure et délicate.

 


Aujourd’hui, la République tchèque possède le privilège d’être le plus grand consommateur au monde de bière par habitant.

 

Les deux marques de bière tchèque les plus réputées (et les plus exportées) sont la Pilsner Urquell, la première et l’archétype des bières de type pilsner et la Budweiser Budvar (connue dans certains pays sous la marque Budeovický Budvar ou Czechvar). Parmi les autres grandes marques on peut citer : Velkopopovický Kozel, Gambrinus, Radegast, Staropramen, Krušovice, Starobrno, Bernard ou encore Svijany.

 

 

 Bière tchèque », label européen d’Indication Géoraphique Protégée

En 2008, la Commission Européenne a conféré à la République tchèque la possibilité d’utiliser le label « bière tchèque », un label européen d’Indication Géographique Protégée (IGP). Ce label, qui pour la bière n’a été conféré qu’à la Bavière, est attribué à certains produits agricoles ou alimentaires spécifiques ayant un lien avec leur origine géographique afin d’en assurer la protection. Or, on est arrivé à identifier des critères spécifiques qui permettent d’identifier les bières tchèques entre toutes, critères liés aux matières premières utilisées et au processus de transformation.

 

« Les brasseries doivent, par exemple, utiliser un pourcentage minimal déterminé de houblon tchèque et de malt de type tchèque. Ensuite, elles doivent conserver le système classique de brassage par décoction et nullement le système moderne d’infusion très utilisé dans le monde, ainsi que deux phases bien distinctes de fermentation, et ainsi de suite… » (Jan Veselý, Président de la Fédération tchèque des brasseries et malteries)

 

 


La bière à Plzen

 

Les premières bières de Plzen

Lorsqu’en 1295, le roi de Bohême, Venceslas II, fonde la ville nouvelle de Plzen, sur une route commerciale qui lie Prague à ses domaines méridionaux, il octroie aux bourgeois de la ville un droit de brassage héréditaire, similaire à celui qui avait été donné un demi-siècle auparavant (1243) aux bourgeois de Brno par son grand-père Venceslas Ier.

La bière produite à cette époque à Plzen, n’a rien d’extraordinaire, et ne fait pas appel à des améliorations technologiques comme le font les brasseurs bavarois qui sont par exemple les premiers à utiliser la fermentation basse pour produire des bières brunes.

On doit pourtant à un maître brasseur de Plzen, František Ondrej Poupe (1753-1805), d’avoir inventé les instruments qui permettront une meilleure maîtrise scientifique de la fermentation basse en introduisant le thermomètre et l’hydromètre dans les outils classiques du brasseur. Il n’en reste pas moins que la qualité des bières de citoyens de Plzen continue à se dégrader jusqu’à ce fameux jour de février 1838, où 36 tonneaux de bière de Plzen, jugée imbuvables, sont déversés sous les fenêtres de l’hôtel de ville.

 

L’invention de la Pilsner  

 

La brasserie Pilsner Urquell de Plzen a brassé la première pilsner au monde.

Aujourd’hui encore, elle reste une référence dans le petit monde des bières internationales.

 

En 1839, des bourgeois de Plzen détenteurs de droits de brassage, décide de s’associer au sein de la Bürgerliche Brauhaus (« Brasserie de Citoyens » ou « Brasserie de Bourgeois », en allemand) et font construire une nouvelle brasserie en utilisant les technologies les plus avancées de l’époque. Leur objectif : produire la meilleure bière du monde, capable de rivaliser avec la bière bavaroise. Pour se faire, ils confient le soin à l’architecte Martin Stelzer de bâtir le nouvel établissement en s’inspirant des visites qu’il a fait dans les capitales mondiales de la bière de l’époque à savoir : Copenhague, Munich et Vienne.

Ils construisent leur brasserie à proximité d’un emplacement riche en eau de source et à proximité de caves de grès afin d’imiter les Bavarois et permettre les deux étapes de la fermentation basse :

    • la fermentation primaire en cuve ouverte
    • la maturation en fût.

Les travaux s’étaleront de l’automne 1839 à l’automne 1840. Ils font appel au maître brasseur bavarois Josef Groll, arrivé dans les valises de Stelzer, pour brasser une bière qui va révolutionner l’industrie brassicole et qui maîtrisait le savoir de la fermentation basse.

Le 5 octobre 1842, Groll brasse sa première bière qui rappelle les meilleures bières de son pays natal : il a bénéficié d’une eau de source très douce, du fameux houblon tchèque (Saaz) et d’un malt clair de qualité. C’est ce malt clair qui va faire la singularité de la bière de Plzen : traditionnellement, on prenait un malt plus foncé, alors qu’avec ce malt grillé clair, il a donné à sa bière un goût unique et une couleur dorée caractéristique.

Le 11 novembre 1842, « l’or de Bohême », l’ancêtre de la Pilsner Urquell fut vendue pour la première fois aux brasseries Hanes, Zum Goldenen Adler et Zur weißen Rose. Rapidement, des tavernes de Prague et des stations thermales de Bohême distribuent la nouvelle bière. Pour Groll, en revanche, l’aventure s’arrêta rapidement : les Tchèques, ingrats, ne renouvelèrent pas son contrat en avril 1845 et Josef Groll rentra en Bavière reprendre la brasserie familiale.

 

Le succès planétaire de la « bière de Pilsen »

En 1856, la bière de Plzen est servie à Vienne. En 1959, elle arrive dans les tavernes de Paris. Cette même année, la marque Pilsner Bier (en allemand « bière de Pilsen ») est déposée. En 1865, la Bürgerliche Brauhaus exporte les trois quarts de sa production et en 1871, la bière de Pilsen débarque en Amérique. La brasserie est électrifiée en 1881 et elle s’équipe en moyens de transport (camions et wagons) pour assurer le fret de la glace et la distribution de la bière. En 1887, apparaissent les premières bouteilles en verre. En 1888, elles sont étiquetées. Comme tout succès, elle est rapidement imitée.

A Plzen même, est ainsi fondée en 1869 la brasserie Gambrinus, puis en 1982 la brasserie Prior. L’appellation « pilsner » quoique déposée est également utilisée par les concurrents de la Bürgerlichen Brauhaus.

En 1898, elle dépose un nouveau nom pour sa bière : la « Pilsner Urquell » en allemand, « Plzenský Prazdroj » en tchèque, « Source originelle de Pilsen » en français. Cela n’empêchera pas la vulgarisation de l’appellation « pilsner » ou « pils ».

 

La "Mère" de toutes les Pils

La Meštanský Pivovar au XXe siècle  

L’entreprise continue de se développer au début du XXe siècle, acquérant toujours plus de wagons et améliorant ses process de production pour devenir à la veille de la Première Guerre Mondiale l’une des plus grandes brasseries d’Europe ; elle « pèse » alors 5 fois plus que ses concurrentes locales Gambrinus et Prior.

Avec l’avènement de la Tchécoslovaquie, la « Bürgerlichen Brauhaus » devient « Meštanský Pivovar ». Mais la conjoncture n’est pas très bonne (baisse de la consommation intérieure, perte de certains marchés d’exportation comme les Etats-Unis à cause de la prohibition) et les brasseries de Plzen se regroupent.

Tandis que Gambrinus absorbe de petites brasseries (StaroPlzen, Stenovicky et Svetovar), Meštanský pivovar rachète la brasserie Prior. Finalement, la logique capitaliste s’impose en octobre 1932 avec la crise de 1929, Meštanský pivovar fusionne avec la maison mère de Gambrinus pour donner naissance à la « Plzenské akciové pivovary », « brasserie par actions de Pilsen ».

Avec la mise en place de la tutelle soviétique sur la Tchécoslovaquie, la brasserie est nationalisée et fusionnée en 1947 avec d’autres brasseries des environs de Plzen.

Malgré ces vicissitudes, la Pilsner Urquell continue à exporter devenant une source de devises précieuses pour l’Etat tchécoslovaque. Ce même Etat qui en revanche n’investira pas une couronne dans la brasserie pendant des décennies, se contentant de la fusionner en 1955 avec ses concurrents de Karlovy Vary (Karlovarské pivovary) et de Cheb (Chebské pivovary). Le processus se reproduit en 1958, cette fois avec les brasseries de petites villes comme Blatná ou Radnice. Le groupe est débaptisé dans la foulée en « Západoceské pivovary », « Brasseries de l’Ouest » avant de reprendre le nom de « Plzenský Prazdroj » en 1964

 

La Plzenské Pivovary et l’épopée capitaliste

La chute du communisme en 1989 change les conditions de marché. La société, désormais à capitaux mixtes, prend le nom de « Plzenské Pivovary » et dispose d’unités de production dans plusieurs villes de Bohême.

Disposant de capitaux frais, elle peut investir de nouveau comme en 1992 dans de nouvelles cuves en acier inoxydables et une chaîne moderne d’embouteillage. Les années suivantes voient la brasserie changer de raison sociale (mais pas significativement) plusieurs fois, restructurer son outil de production surdimensionné, lancer une chaîne de brasserie-restaurants (Pilsner Urquell Original Restaurant) et… se développer à l’international avec l’acquisition en 1996 d’une brasserie en Lituanie.

 

En 1999, après de longues négociations avec l’autorité en charge de la concurrence, la banque japonaise Nomura, actionnaire majoritaire de Plzenský Prazdroj, fusionne cette dernière avec la maison mère de la brasserie Velké Popovice, alors 3ème groupe brassicole tchèque. Le nouveau holding prend le nom de « Ceské Pivo », « bière tchèque » tout simplement.

En octobre de la même année, Nomura revend sa participation au groupe brassicole d’origine sud-africaine South African Breweries (SAB).

En 2000, Ceské Pivo devient le premier exportateur tchèque de bière dépassant son grand concurrent de Ceské Budejovice, Budvar. La suite n’est que l’illustration la consolidation progressive du marché mondial de la bière.

En 2002, SAB fusionne avec l’Américain Miller Brewing pour créer un des plus gros brasseurs mondiaux avec ABInBev : SABMiller.

 

La bière à Ceské Budejovice

Au commencement était Ceské Budejovice (en allemand Böhmisch Budweis), cité fondée en 1265 par le roi de Bohême Premysl Otakar II pour contrebalancer l’influence de la puissance famille Rosenberg dans le sud de la Bohême. Les bourgeois de la ville qui payaient l’impôt avaient obtenu en échange des droits de brassage. Il s’agissait alors de production familiale pour une consommation familiale, une situation qui n’était d’ailleurs pas spécifique à Ceské Budejovice. Seule particularité : la bière ainsi brassée était de très bonne qualité ce qui a largement encouragé le développement de l’industrie brassicole.

La division du travail se manifesta ainsi dès le XVe siècle par la séparation des métiers de malteurs et de brasseurs. Ce même siècle, la première brasserie commerciale commença ses opérations. Reconnaissance de la qualité de la bière de Ceské Budejovice, elle était consommée au XVIe siècle à la cour de l’empereur Ferdinand Ier du Saint-Empire. C’est d’ailleurs au nom de cette tradition éloignée que l’actuelle Budweiser (qui n’a pas grand-chose à voir avec la bière qui était brassée à cette époque), tire son slogan de « bière des rois ». Epargnée par la guerre de Trente ans, Ceské Budejovice profita des déboires des villes concurrentes pour développer son réseau commercial en Bohême du Sud. C’est ainsi par exemple que les habitants de la ville minière de Rudolfov se virent obliger par l’empereur Ferdinand II d’acheter leur bière à Ceské Budejovice. Au XVIIIe siècle, le Conseil Municipal de Ceské Budejovice décida de transférer les droits de brassage des bourgeois au sein d’une seule entreprise, la Bürgerliches Brauhaus Budweis. Elle est parfois désignée sous le surnom de brasserie allemande, du fait que la plupart des bourgeois de la ville étaient germanophones.

 

La création de la brasserie Budweiser

La ville n’échappa pas aux tensions qui divisaient alors les Pays tchèques entre Allemands et Tchèques. Au XIXe siècle, les Tchèques constituaient la moitié de la population de Ceské Budejovice et c’étaient eux qui dans une large mesure impulsaient le boom économique que connaissait la région en pleine Révolution industrielle. En matière brassicole, cette tension se traduisit par la décision des Tchèques, un certain August Zátka en tête en particulier, de créer leur propre brasserie. Constituée en société par actions le 15 avril 1895, la société Budejovický Budvar národní podnik fit construire une brasserie en bénéficiant des dernières avancées technologiques en matière de brasserie. Elle était l’expression économique du nouveau dynamisme des Tchèques au sein de l’Empire Austro-Hongrois déclinant.

Le premier brassin de bière fut produit le 1er octobre 1895. Rapidement, la bière de Ceské Budejovice, dû faire face à la compétition frontale avec sa concurrente « allemande » Bürgerliches Brauhaus Budweis et les deux brasseries de la famille Schwarzenberg en Bohême du Sud (Trebon et Protivín). Mais elle s’imposa du fait de ses qualités gustatives sanctionnées dès 1896 par un prix à l’Exposition Industrielle de Prague. Au début du XXe siècle, sa notoriété était même établie au plan international.

L’expansion et la période moderne

La Budejovický Budvar concentra ses investissements sur la modernisation de son outil industriel. En 1922, elle fit creuser deux puits artésiens afin de garantir un approvisionnement en eau de grande qualité à l’origine avec le houblon Saaz et l’orge de Moravie, de la qualité de la bière Budweiser Budvar. A l’export, elle utilisait les marques « Ceský budejovický granát », « Budweiser bier » ou encore « Budbräu ».

En 1930, la brasserie déposait la marque commerciale « Budvar ».

En 1936, elle changeait de raison sociale pour devenir la Budvar – Ceský akciový pivovar Ceské Budejovice (Budvar, Brasserie par actions de Ceské Budejovice). Administrée par l’administration nazie pendant la deuxième Guerre mondiale et nationalisée après la guerre par le pouvoir communiste, la brasserie fut séparée du combinat qui regroupait les brasseries de Bohême du Sud au sein d’une entité autonome. L’idée était de créer une entreprise résolument tournée vers l’exportation d’une bière de grande qualité à identité de marque forte. La chute du mur de Berlin ne changea pas significativement le modèle économique de la brasserie qui est toujours indépendante des grands groupes internationaux à la différence de tous ses grands concurrents tchèques. Elle autofinance son développement. En revanche, à la différence des autres groupes, elle se concentre exclusivement sur sa marque propre.  

Aujourd’hui encore, Ceské Budejovice possède deux brasseries : Budejovický meštanský pivovar a.s. (Marque Samson) et Budejovický Budvar n.p. (Marque Budweiser Budvar). La cité qui s’est longtemps appelée Budweis car peuplée majoritairement d’Allemands (avant la Guerre) possède des brasseries depuis le XIIIe siècle. Les brasseries modernes sont plus récentes.

La brasserie Budeovický meštanský pivovar a ainsi été fondée en 1795 comme une brasserie municipale réunissant les bourgeois de la ville. À ce titre, elle peut se targuer d’être la première bière à pouvoir prétendre utiliser le label « budweiser » (qui veut dire de Budweis en allemand). La brasserie Budejovický Budvar n.p. a été créée en réaction par la bourgeoisie naissante de langue tchèque de la ville en 1895. Elle est aujourd’hui bien plus importante.

En 1876, le brasseur américain Anheuser-Busch commença à brasser une bière qu’il appela « Budweiser » en référence à cette longue tradition tchèque. Cet usage est à l’origine d’un des plus anciens conflits juridiques concernant une marque commerciale en l’occurrence « Budweiser ».

Dans l’Union Européenne, Budejovický Budvar a obtenu la reconnaissance de la paternité de la marque par un arrêt de la Cour de justice de l’Union Européenne (juillet 2010) en même temps qu’un label d’Indication géographique protégée. Du fait de ce conflit, la bière Budweiser Budvar est distribuée en Amérique du Nord sous la marque Czechvar.

La bière à Prague

 

Prague city skyline and Charles Bridge - Prague - Czech Republic

L’histoire de la bière à Prague est intrinsèquement lié à l’histoire des différents monastères de la ville. Le monastère de Brevnov a ainsi enregistré ses premiers droits de brassage en 993.

En 1088, le roi de Bohême Vratislav II garantissait le paiement d’une dîme sur le houblon au profit du chapitre de la cathédrale de Vyšehrad.

Aujourd’hui, la scène brassicole praguoise est dominée par Staropramen, même si la ville compte également de nombreuses petites brasseries, à l’image de la plus ancienne d’entre elles, U Fleku, fondée en 1499. Depuis le début des années 1990, de nombreuses micro-brasseries se sont lancées à Prague.

 

 Les types de bières tchèques.

Lager (Fermentation basse)

La lager est l’une des deux branches principales de la famille des bières avec la ale. Elle est issue d’une fermentation basse alors que la ale est issue d’une fermentation haute. A l’instar du vin, cette bière « repose » pour « mûrir » (Le mot allemand lager désigne un lieu de repos).

Bière désaltérante par excellence, la lager est une bonne façon de s’initier au goût de la bière.

Pilsner

La pilsner est à l’origine une lager blonde à la savoureuse amertume, née en 1842 d’une brasserie de la ville de Plzen (Pilsen en allemand). La pilsner tchèque traditionnelle possède un arôme houblonné fleuri et une saveur sèche en bouche. Cette saveur fraîche et herbacée tient à l’utilisation du célèbre houblon Saaz.

Le terme est devenu générique avec le succès et désigne une bière blonde légère et savoureuse. La pilsner tchèque est toutefois en général légèrement plus foncée que ses homologues internationales.

Dunkel

Cette bière brune et fortement maltée est historiquement associée à la ville de Munich : il s’agit en fait d’une lager brune.

Elle développe un arôme demi-sec à note de café grillé ou de chocolat amer avec une sécheresse légèrement houblonnée.

Bière verte

Les bières jeunes, peu ou pas vieillies, sont des bières vertes.

Vienna

La Vienna est une Lager rouge ambrée créée par le brasseur autrichien Anton Dreher. 

A noter: pas de Ale (Fermentation haute)en République tchèque


Marques majeures de bières tchèques

La "Mère" de toutes les Pils

 

Pilsner Urquell est la première des bières de type pilsner jamais brassée. En 1842, les bourgeois de Plzen (en allemand Pilsen) mandatèrent le maître brasseur bavarois Josef Groll pour produire une bière de qualité. Groll développa la bière pilsner dorée, la première bière claire jamais brassée. Le succès fut immédiat et la bière exportée sur l’ensemble de l’empire austro-hongrois. Des trains spéciaux quittaient Plzen tous les jours pour approvisionner en pilsner les tavernes (et les tables des nobles et des bourgeois) de Prague et de Vienne. La Pilsner Urquell arriva à Paris et aux États-Unis en 1874. Aujourd’hui la maison mère de Pilsner Urquell, Plzenský Prazdroj, brasse également à Plzen les bières Gambrinus et Primus.

 

 

Budweiser Budvar, l’original tchèque Non Budweiser n’est pas une bière insipide américaine. Budweiser signifie qui est de Ceské Budejovice est une bière tchèque au goût de malt prononcé et une des plus réputée des Pays tchèques.

 

 

 

Budweiser vs. Budweiser

Budweiser Budvar est engagé dans un conflit commercial qui est à ce jour, le plus ancien encore irrésolu, puisque les premières traces de procès remontent à 1880.

Il oppose la société de Ceské Budejovice à la brasserie Anheuser-Busch de Saint-Louis sur l’utilisation de la marque « Budweiser ».

Le litige est même tripartite puisqu’il implique également l’autre brasserie de Ceské Budejovice, la Bürgerliches Brauhaus Budweis (également appelée Budweiser Bürgerbräu) qui fut la première brasserie à utiliser le terme « Budweiser » pour désigner sa bière.

Anheuser-Bush ne commença à utiliser la marque Budweiser qu’en 1876.

En revanche, il fut le premier à la déposer en 1878. A ce jour, le nombre de procès entre les deux sociétés s’élève à plus de 40, même si depuis 1939, un compromis a permis aux deux marques de se diviser le monde : l’Europe à Budweiser Budvar et l’Amérique du Nord à la marque de Saint-Louis. Aux Etats-Unis, Budweiser Budvar est ainsi vendue sous la marque « Czechvar » alors que la Budweiser américaine est vendue en Europe sous la marque « Bud ».

Début 2007, Anheuser-Busch et Budvar ont passé un accord confirmant cette répartition du monde en l’étendant à d’autres pays sans que cela n’affecte les procès en cours.

En mars 2009, Anheuser-Busch a perdu en appel contre le rejet par l’Office de l’Harmonisation du Marché Intérieur (OHMI) de lui octroyer la marque européenne « Budweiser ». La Cour a mis en avant que la brasserie Budejovický Budvar avait prouvé l’usage de la marque Budweiser au moins cinq années avant la demande d’Anheuser-Busch. Un ultime appel a été rejeté en juillet 2010 conférant définitivement à Budweiser Budvar l’exclusivité de l’usage de la marque Budweiser.

Cette décision est de plus relativement logique quand on sait que « Budweiser » signifie « de Budweis » (de Ceské Budejovice). Hors d’Europe, Budweiser Budvar a réussi à faire reconnaître sa marque en Australie, Nouvelle-Zélande ou encore Corée du Sud.

La marque affiche de plus le label européen d’ « indication géographiquement protégée » ce qui la protège au même titre que le Champagne, le Parmesan ou le Cognac

 


Gambrinus, l’autre bière de Plzen

La brasserie Gambrinus est fondée en juin 1869 à Plzen par Martin Stelzer et l’ingénieur Vaclav Daniel. Le 15 octobre 1870, sort le premier brassin de pilsner, au goût fortement inspiré par le voisin et néanmoins grand concurrent et inspirateur, Pilsner Urquell. Afin de prendre ses marques par rapport à cette dernière, la marque « Erste Pilsner Actien Brauerei – Pilsner Bier » est déposée en décembre 1870, suivie en 1909 par la marque « Pilsner Kaiserquell » (la source de l’empereur) et en 1919 par la marque (en tchèque cette fois), « Plzenský Gambrinus ».

L’histoire moderne

En 1928, commence avec le ralentissement économique mondial, le procesus de concentration capitalistique. Cette année là donc, la brasserie Gambrinus rachète les brasseries Staroplzenecky et Stenovicky. En 1932, c’est le tour de la brasserie Svetovar. Mais de prédateur, la brasserie Gambrinus devient proie et passe en 1932 sous le contrôle du grand concurrent de Plzen, Meštanský pivovar. En 1934, Gambrinus se dote d’un nouveau logo. Mais de prédateur, la brasserie Gambrinus devient proie et passe en 1932 sous le contrôle du grand concurrent de Plzen, Meštanský pivovar. En 1934, Gambrinus se dote d’un nouveau logo. L’appareil industriel souffre des bombardements de 1945 et à partir de sa nationalisation avec Pilsner Urquell, commence la rationalisation de la production. A partir de cette date, la production du groupe Pilsner Urquell, sera mutualisée avec celle de Gambrinus (malterie commune par exemple), même si capitalistiquement parlant, la fusion ne sera effective qu’en 1994

 

Les premières compétitions de football en République tchèque datent de 1896 où un premier tournoi est organisé à Prague. Avec le développement du football, des compétitions régionales sont organisées jusqu'en 1925 avec la création du Championnat de Tchécoslovaquie de football.

En 1938, à la suite d'une décision d'Adolf Hitler, la Tchécoslovaquie est coupée en deux. Un championnat est organisé en Bohême et en Moravie (actuelle République tchèque).

En 1993, après la Révolution de velours, la Tchécoslovaquie est démantelée, le Championnat de République tchèque de football voit le jour, et prend le nom de Gambrinus Liga.

Le premier champion de République tchèque fut le Sparta Prague.

 

Starobrno, la bière de Brno

La brasserie Starobrno (Pivovar Starobrno), située dans la vieille ville de Brno localisation dont elle a tiré son nom, est une des plus anciennes brasseries des pays tchèques puisque ses origines remontent à 1325. Marque locale focalisée sur le marché morave, Starobrno est la tête de pont du groupe Heineken en République tchèque.   Pour le jeudi saint, Starobrno produit une très surprenante bière verte (« Zelený ctvrtek ») qui n’est produite que pour cette occasion.  

Cette riche dunkel présente de nets parfums de caramel, de café et de sucre brun. Elle produit unemousse brun pâle, moyennement dense et abondante. Sa saveur sucrée persiste jusque dans l’arrière-goût. D’une effervescence modérée et agréable, cette bière est l’une des meilleures dunkels d’Europe orientale.

 

Staropramen, la bière de Prague

Troisième marque de bière de République tchèque, Staropramen est la seule à être brassée à Prague.   Staropramen a toujours été une bière d’exportation, la troisième après Pilsner Urquell et Budweiser Budvar. Elle était par exemple servie aux Etats-Unis dès 1884.   Autre pilsner de Bohême, brassée par Staropramen, la Lezak présente une jolie couleur dorée et un arôme aux francs accents de terre. Le houblon est très présent dans la saveur comme dans l’arrière-goût. Cette bière équilibrée présente un corps bien structurée. »

 

Bernard Pivo, une bière non pasteurisée

Ce n’est pas seulement à cause de son nom qui ne peut manquer de faire sourire un Français (référence à Bernard Pivot, journaliste littéraire français) que la Bernard Pivo mérite qu’on s’y intéresse. Non pasteurisée et microfiltrée, elle se distingue en effet de ses grandes concurrentes tchèques.  

Le secret de fabrication de la Bernard Pivo

Outre le pari réussi de la non pasteurisation, la Brasserie Familiale Bernard attribue son succès aux choix stratégiques suivants: – à sa recette spécifique, – au choix des ingrédients: malte de haute qualité, traité de manière traditionnel; houblon équilibré qui confère à la bière son amertume; eau de source réputée directement puisée dans les hautes terres de Moravie. – à un procédé unique de microfiltration qui intervient en fin de processus de production. La brasserie produit des bières blondes, demi-blondes et brunes, toutes non pasteurisées.

  Cette dunkel très séduisante de couleur cuivrée, donne une mousse abondante ; son arôme évoque le malt et le caramel – caramel que l’on retrouve dans la saveur marquée, marquée aussi par une suavité de fruits rouges. Cette bière n’est pas éxagérément sucrée, mais au contraire vive et désaltérante, avec une finale sèche et légère.

 

Kozel, la bière au bouc

 

Cette pilsner au goût onctueusement amer présente un arôme de malt et de houblon, avec desnuances d’orange et d’épice. Agréablement effervescente, elle est de couleur ambrée ; sa mousse se signale par un parfum de levure. (…) L’amertume est persistante, jusque dans l’arrière-goût. Dans l’ensemble, il s’agit d’une bonne pilsner.

 

Radegast, la bière amère de Silésie

Comparativement à la plupart des grandes des bières nationales tchèques, la Radegast est de création récente. Elle tient son nom du dieu éponyme de la mythologie slave. Cette lager légère et dorée produit une mousse peu abondante mais persistante. L’arôme est herbacé avec une nuance d’orange, et la saveur est herbacée aussi, avec une touche de houblon. La finale est métallique et abrupte.

 

Krušovice, la bière des empereurs d’Autriche

La bière Krušovice est une des plus anciennement brassées de Bohême. Propriété des empereurs d’Autriche, également rois de Bohême-Moravie, cette bière est une des plus populaires de République tchèque, parmis celles qui ne sont pas connues à l’exportation.

Cette pilsner de Bohême, de couleur dorée, offre un goût nettement amer et produit une excellente mousse. L’arôme est fortement houblonné et malté, l’impression en bouche est fraîche et vive. L’Impérial est brassée selon un procédé technique classique, qui cependant fait appel aux équipements les plus modernes pour garantir la meilleure qualité. Ses ingrédients comprennent du malt tchèque, une eau de source provenant des bois de Kfiivoklát et du houblon de la région de Žatec.