L’histoire de la bière est intimement liée à celle de ses ingrédients ainsi que des avancées technologiques qui firent de cette boisson le breuvage que l’on connaît aujourd’hui.

Les premières cultures de céréales, et notamment de l’orge et de l’épeautre (une variété de blé), ont été attestées en 8000 avant J.-C. en Mésopotamie. Tous les ingrédients étant disponibles à partir de cette époque là, la bière pouvait exister et l’on estime son invention/découverte à 6000 avant J.-C.

L’histoire de la bière est intimement liée à celle de ses ingrédients ainsi que des avancées technologiques qui firent de cette boisson le breuvage que l’on connaît aujourd’hui.

Les premières cultures de céréales, et notamment de l’orge et de l’épeautre (une variété de blé), ont été attestées en 8000 avant J.-C. en Mésopotamie. Tous les ingrédients étant disponibles à partir de cette époque là, la bière pouvait exister et l’on estime son invention/découverte à 6000 avant J.-C.

Cependant, les preuves formelles de son existence, découvertes dans la province de Sumer, remontent au IVe millénaire av. J.-C. À cette époque, la bière, alors appelée « sikaru» (dont la traduction littérale est pain liquide) était à la base de l’alimentation quotidienne.

On la fabriquait par cuisson de galettes à base d’épeautre et d’orge que l’on mettait à tremper dans de l’eau, afin de déclencher la fermentation nécessaire à la production d’alcool, et que l’on assaisonnait avec de la cannelle, du miel ou toutes autres épices en fonction des préférences des clients. La bière, connue des peuples de Chaldée (maintenant Irak, Koweït) et d’Assyrie (Syrie,Liban,Palestine), devenue monnaie d’échange, commença sa dissémination.

Zythum et Maison de bière.

Dans l’Égypte antique, on boit de la bière (heneqet) en toutes circonstances :

aux champs, à bord des bateaux, lors des réceptions et, bien sûr, dans les cabarets des villes.Les maisons de bière sont dans l’Antiquité, les cabarets et les maisons closes des grandes villes égyptiennes.

La bière ou le zythum fait aussi bien le bonheur de Pharaon que celui du simple paysan ou de l’artisan citadin. Elle est élaborée avec du froment ou de l’orge et des dattes, dont le sucre assure la fermentation du breuvage.

Dans un four identique à celui du boulanger, le brasseur et ses aides versent des pâtons frais dans des moules brûlants. Cette opération nécessite beaucoup de soin, car la pâte, faite avec du froment ou de l’orge, ne doit y séjourner que le temps de faire dorer la croûte, l’intérieur devant rester cru. Les pains ainsi confectionnés sont émiettés dans une grande cuve remplie d’un liquide sucré préparé avec de l’eau et des dattes. Un brasseur entre dans la cuve et piétine la préparation jusqu’à ce que le mélange soit homogène.

Au bout de quelques jours, quand la fermentation a lieu, le contenu de la cuve est transvasé dans de grandes jarres. Une passoire retient les plus gros morceaux de pain gorgés de bière, qu’un brasseur presse comme une éponge afin d’en extraire le précieux liquide.

La bière se conservant assez bien, elle est stockée dans des amphores fermées par un bouchon de paille et d’argile humide, ou par une petite assiette et un peu de plâtre. Il ne reste plus au brasseur qu’à apposer son signe distinctif indiquant le lieu et la date de fabrication.

Bien que la plupart des Égyptiens fabriquent leur propre bière, le trafic des bateaux chargés d’amphores est intense sur le Nil : ils approvisionnent les villes, les cabarets et les villas des riches Égyptiens, qui font venir leur boisson favorite d’une maison réputée, car, comme pour le vin, il existe des crus différents, selon la teneur en sucre et le savoir-faire du brasseur.

Pour être consommée, la bière est versée dans des cruches de un ou deux litres, et les amateurs la boivent dans des gobelets en pierre, en métal ou en faïence.

La bière brune est la plus courante, la blonde étant réservée aux fêtes.

 

Dans l’ancienne Egypte, le brassage de la bière était régi par des règles très strictes.

Un brasseur qui avait l’audace de fournir une bière de mauvaise qualité

courrait le risque d’être noyé dans son propre produit!

 

L’Empire romain

Les Romains se consacraient à la production de vin et plantaient des vignobles à perte de vue. Mais dans des régions où le raisin n’avait aucune chance de pousser à cause des conditions climatiques moins favorables, on s’est mis à cultiver du blé dont on tirait entre autres de la bière.

A cette époque, la bière était destinée à étancher la soif des légions romaines. Partout, la bière précédait le vin. Dionysos n’est devenu le dieu du Vin qu’après avoir régné comme Sabazios, le dieu archaïque de la Bière.


Après la chute de l’Empire romain, l’église a pris le contrôle des terres. Les ecclésiastiques et les moines se sont intéressés au brassage de la bière. Plus encore, jusqu’au onzième siècle, la brasserie était une activité qui était exclusivement pratiquée par le clergé. Les ecclésiastiques notaient les recettes de leurs “boissons spiritueuses” sur des parchemins.


Le brassage de la bière était interdit à l’extérieur des murs des cloîtres. On a cependant assisté à la fondation de quelques brasseries civiles éparpillées de-ci de-là. Il a toutefois fallu attendre encore quelques siècles avant que le brassage ne devienne l’apanage du peuple.

L’Europe continentale

Grâce à leurs multiples expéditions, les peuples du nord de l’Europe découvrirent la bière. Appréciée pour son goût et par son degré d’alcool assez élevé, la bière ne rencontra aucune résistance de la part de la vigne et s’implanta durablement au-delà des latitudes favorables à la viticulture, dans les régions aux précipitations idéales à la culture de l’orge et du houblon.

C’était le temps de la «cervoise (ou cervesia) tant appréciée des Celtes et des Gaulois (qu’ils appelaient korma).

 

Le brassage était une opération familiale

généralement réalisée par la femme.

 

Contributions monastiques

Le Moyen Âge apporte une certaine reconnaissance à la bière et ce n’est pas le dicton « liquida non frangunt jeunum »("La nourriture liquide n'interrompt pas le jeûne"autrement dit : pendant le carême, bois de la bière, ça équivaut à un bon steack). qui prouve le contraire. La tradition monastique veut que les moines assurent le gîte et le couvert aux gens de passage.

À cette époque, les moines vont mener à bien de multiples expérimentations sur les techniques de fabrication et l’aromatisation de la bière et son utilisation, créant, par exemple, la bière à l’écorce de chêne ou la soupe de bière. C’est ainsi que Hildegarde de Bingen (1099-1179) découvrit les vertus aseptisantes et conservatrices du houblon (ainsi que son amertume) et les moines développèrent donc sa culture.

C’est également à cette époque que la fermentation basse est inventée dans les monastères, toujours grâce au houblon aseptisant et aux multiples caves de ces lieux. En plus d’assurer les besoins de la communauté monastique, les surplus de production permettaient de tirer des revenus supplémentaires.

Le succès de la bière engendre la formation de diverses guildes. Ce corporatisme aura un certain poids dans la société de l’époque. Cependant, les moyens techniques de l’époque ne permettaient pas d’exporter la bière et c’est à la fin du XIIIe siècle, que l’on attribue à Gambrinus (ou Cambrinus) la diffusion de la bière hors d’Allemagne.

C’est en 1259 qu’apparaît le premier brasseur de métier.

Naissance officielle de la bière

Il faudra attendre le Xve siècle et Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, pour voir l’utilisation du houblon prendre de l’ampleur. Ce dernier imposa en effet le houblon comme arôme principal de la bière, stabilisant un peu plus son goût. Jean Sans Peur meurt en 1419 après avoir créé l’ordre du Houblon. Un édit en 1435 impose cette recette et le mot bière apparaît pour la première fois.

Période contemporaine

La brasserie Guinness à Dublin était devenue la plus grande brasserie du monde en 1914 et reste la plus grande brasserie de stout.

 

La période contemporaine, en particulier le XIXe siècle, a marqué un tournant décisif dans l’histoire de la bière.

 

La révolution industrielle apporta de nombreuses évolutions à la production de la bière. Jean Louis Baudelot de Sedan inventa en 1856 un refroidisseur de moût grâce auquel on pourra désormais fabriquer de la bière toute l’année, Hansen identifia les levures, Watt construisit sa machine à vapeur.

En 1873, Louis Pasteur préconisa l’élévation de la température pour éliminer les germes indésirables contenus dans la bière (pasteurisation).

Et enfin, en 1870, Carl von Linde (1842-1934) inventa la machine frigorifique qui permettra l’expansion de la fermentation basse, jusqu’alors cantonnée à la Bavière depuis le Xve siècle, à travers le Monde.

Toutes ces évolutions ont permis d’obtenir une bière propre, limpide, de qualité égale et l’expansion du chemin de fer assura le transport dans toutes les régions.

En 1870, l’Alsace envoyait ainsi chaque jour un train entier de bière vers Paris. Les brasseurs durent s’industrialiser. Des milliers de brasseries fermèrent dans toute l’Europe, remplacées par des établissements de plus en plus gigantesques, comme à Sedan, Pilsen, Milwaukee, Strasbourg, Dublin, Amsterdam.

 

La concentration de ces brasseries crée les grands groupes que nous connaissons aujourd’hui, comme AB InBev,

Heineken, Carlsberg....

 

La révolution micro-brassicole

Bières d’Auvergne, Bretagne, Loire, Périgord, Poitou, Vendée, Vosges…

Par une combinaison de facteurs, dont la popularité croissante des bières étrangères et du brassage amateur la révolution micro-brassicole prend forme partout au monde.

Parfois simples passionnés de la bière, parfois habiles entrepreneurs flairant la naissance d’un nouveau marché, les micro-brasseurs ont contribué à la croissance de l’intérêt porté à la bière. On ne s’intéresse plus à la bière pour ses propriétés nutritives ou désaltérantes, mais pour son goût. Les expressions « bière de dégustation », « bière artisanale » et « bière de spécialité » naissent, parmi d’autres.

 

Avec la révolution micro-brassicole apparaissent les bistros-brasseries.

Cette nouvelle disponibilité de saveurs et d’expériences fait naître des clubs et associations. On intègre les notions de service de la bière à certaines écoles d’hôtellerie, les conférenciers et animateurs de dégustations sont de plus en plus nombreux, comme le sont les auteurs de livres sur la plus noble et la plus saine des boissons.

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